28 janv. 2016

L’appel du ventre: angoisse et infertilité feat Gribouillis et Gazouillis

L’appel du ventre: angoisse et infertilité feat Gribouillis et Gazouillis

Article publié initialement sur Gribouillis et Gazouillis

Il faut comprendre que je fais partie de ces femmes qui ne conçoivent pas la vie sans enfants. Ça a toujours été mon but.
« Faire de bonnes études, gagner de l’argent, pour pouvoir offrir le meilleur à mes enfants. »
Telle est, et a toujours été, ma conception de la vie. Imaginer un instant que tout ça pourrait ne servir à rien (à mon sens), c’était beaucoup trop pour mon cerveau, mon utérus, mon cœur et mon ventre.

Et Gazouillis est arrivée. Sans prévenir. Sans que cela fasse sens, dans ma tête, dans celle de ma gynéco. Elle était juste là, petite Cacahuète, warrior dès le tout début, issue d’un petit ovule ayant surmonté les différentes phases de maturation, puis survécu à mes montagnes russes tubaires, pour y rencontrer à mi-chemin ce spermatozoïde déterminé à sortir sa belle de cette forêt de chair.
Elle va avoir trois ans ma Cacahuète. Et mon ventre appelle. Mon ventre hurle même. Avec quelques appréhensions, soyons clairs, mais il s’époumone. Et je me demande, à quel point suis-je prête à tenter l’aventure du deuxième ?
Aujourd’hui je n’ai qu’entrouvert la porte de mon angoisse de l’infertilité. Et ce que j’y ai revu est terrifiant. Je parlais de la notion de couple plus haut. Parce qu’autant un bébé se fait à deux, autant un bébé « ne se fait pas » à deux. Voir la déception dans le regard de l’autre. Porter la responsabilité de l’infertilité dite du couple, quand en fait, elle se résume à MOI. La culpabilité. La peur de ne pas être en mesure d’offrir à l’autre ce qu’il désire. La peur de voir la rancœur s’installer après l’échec.
Alors, oui, aujourd’hui j’ai Gazouillis. Mon miracle. Mais l’appel du ventre se fait entendre, et avec lui, résonne en écho, mon angoisse.
Mais j’ai Gazouillis.
Je voudrais laisser la parole à une personne que j’apprécie énormément. Pour des raisons différentes, elle baigne aussi dans cette angoisse de l’infertilité. Plus que moi. C’est une personne que j’admire. Son parcours et ses douleurs font bizarrement écho aux miennes, tout en étant différentes. Sa détermination n’a d’égal que son courage. A la base, je ne devais que la citer dans cet article, mais il m’a paru plus juste que ce soit ses mots à elle sur son angoisse. Je vous laisse en compagnie de la douce Afro Mango & Cie.
Gribouillis.


Bonjour,
Merci à Gribouillis qui m’a gentiment invitée à partager un peu de moi. C’est toujours intimidant de parler de son intimité à des inconnus. C’est peut-être ce que ressentent les AA lors de la première réunion… Pour faire dans l’originalité, je vais commencer par le début en utilisant le manuel du français facile.
J’ai une endométriose.  Keskecekesa?  L’endométriose est une maladie récidivante qui touche 1 femme sur 10 en âge de procréer. L’endomètre qui tapisse normalement mon utérus au cours du cycle s’en va faire sa vie dans d’autres contrées, des ovaires aux trompes en passant par les intestins.
J’ai une endométriose au stade sévère (la maladie est bien assez compliquée mais je me paie en plus le luxe d’être au stade sévère). Comme mon endomètre est très affectueux, il embrasse tous les organes qu’il rencontre sur son passage créant kystes et des adhérences  (j’ai le ventre tout collé pour faire simple).

schema-endometriose
Les effets de la maladie sont multiples mais il y en a 2 qui m’enlèvent toute force: la douleur et l’infertilité. Dans un article ici, j’ai abordé le sujet de la douleur omniprésente et insolente. Ici je parlerai de l’infertilité.
Je me souviens de ces années d’insouciance où je ne me posais pas la question d’avoir des enfants. Ce n’était pas au programme tout simplement.  Je me contentais de vivre ma vie soucieuse de finir mes études et d’aller enfin gagner cet Euro.
Le temps passe et ma maladie est diagnostiquée. Commence alors la farandole d’examens et d’opérations chirurgicales.  A chaque fois, entendre les médecins me dire d’un air mi-sérieux mi-irrité « aucun désir de grossesse? Non? Hum ne tardez pas trop quand même » est à la fois déprimant et révoltant parce que, pour moi, un enfant se fait à deux et pour l’instant mon Shrek répond aux abonnés absents.  Parce que je veux un co-pilote dans ce voyage. Je sais, la science permet des miracles aujourd’hui, « elle a fait un bébé toute seule » gnagnagna je connais la chanson, mais non! Parce que je ne me vois pas expliquer à ce futur éventuel  enfant ce que signifie « né sous X ».
Pour toutes ces raisons et quelques autres en plus, faire un enfant à la sauvette en passant par la banque de sperme n’est pas dans le script.
En attendant donc que mon Shrek daigne se présenter,  j’ai commencé des protocoles de congélation d’ovules. Le concept enlève toute magie à l’idée même de créer la vie. Comme l’impression de mettre des tupperwares de plats au congélateur avec l’étiquette « à décongeler en cas d’extrême dèche ».  Mais bon, il faut bien se donner les moyens d’y arriver même si tout cela est très angoissant.
Je ne sais toujours pas si je veux vraiment des enfants mais je passe des jours à faire des injections d’hormones pour préparer des ponctions d’ovules. L’humour sarcastique de la vie me direz-vous.
A la fatigue physique, se mêle la fatigue psychologique, les hormones qui mettent les nerfs à rude épreuve (les mêmes humeurs que les femmes enceintes, le gros ventre en moins), les allers-retours à l’hôpital, les prises de sang, les échographies douloureuses tout ça pour s’entendre dire après la ponction « On n’a pu récupérer que 8 ovules et sur les 8 on n’a pu en congeler que 5 et il y en a qui sont de moins bonne qualité que les autres… »
Résumons: chez moi, le chemin entre mes ovaires et mon utérus est aussi impraticable qu’une route de brousse en pleine saison des pluies tropicale, un vrai bourbier pour un ovule fécondé, aussi vaillant soit-il. Mais avec ça, mes ovules se permettent d’être « de moins bonne qualité… »?
Prions ensemble mes chères frères et sœurs!
Après 2 protocoles pas très concluants, j’ai décidé de me reposer un peu avant de repartir au front. Souhaitez-moi bonne chance.
AfroMango & Cie.

Vous pouvez retrouver Gribouillis et Gazouillis et son univers sur son blog gribouillisetgazouillis.com , sur Facebook
Besos!

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5 commentaires :

  1. Cynthia la Colombiere1 février 2016 à 08:38

    Courage. 4ans déjà que je suis dans cette m@@@e!

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  2. Cynthia la Colombiere1 février 2016 à 08:58

    J'admire ta patience. J'étais si désespérée que j'étais capable, au sommet de ma dépression, d'attraper le 1er sdf que j'allais croiser pour avoir un enfant. Ou meme faire une tontine pour payer un donneur. C'est triste mais c'était mon état d'esprit à une période de ma vie.
    Pour les questions futures du petit, j'allais essayer d'assumer notre future relation conflictuelle.

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  3. Lorque les choses vont mal agenouille toi et prie. DIEU est le seul a pouvoir détourner les attaques du malin. courage et pense que tout peut arrivé à celui qui croit.

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  4. Remets ton sort entre les mains de l'Éternel car c'est lui le plus grand genycologue .il rend les impossibilités en possibilites alors confie lui ton sort et tu auras la solution

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  5. trop touchant ton article! courage beaucoup de courage!!! sois forte

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