31 janv. 2016

FEMME NOIRE - FEMME FORTE

Femme Noire Forte et Dépression

Elle trime toute la journée pour gagner sa croûte, élève ses enfants d'une main de fer (parfois seule), affronte le sexisme (et tous les autres ismes), tout en restant belle, mince et toujours souriante.

Cette description pourrait coller à toutes les femmes du le monde, parce que c'est bien connu, la Femme porte le monde sur ses frêles épaules.
Mais là où toutes les femmes du monde auront le droit de se reposer sur une épaule compatissante, on attendra de la Femme Noire d'être toujours Forte.


Femme Noire, Femme Forte donc.

Cela pourrait flatter l'ego. Mais il n'en est rien parce que lorsque survient ce moment de la journée où la soupape a besoin de sauter, elle fait face au mieux à l'incompréhension, au pire à l'indifférence.
Elle porte ce stéréotype comme un boulet à sa cheville. Elle doit être Forte. Elle n'a pas le choix. Tout le monde vient se reposer sur ses épaules, tout le monde lui demande conseil, tout le monde vient puiser à sa source inépuisable la force et le courage d'affronter la vie. Mais Qui se soucie d'elle? Personne et surtout pas son entourage Noir.

Et bien voyez-vous, ça me dérange. Parce que tout ceci est juste faux comme beaucoup de stéréotypes. Parce que ce postulat enferme la Femme Noire dans ce rôle de Femme Forte qui lui interdira ensuite d'aller consulter un psy le jour où la dépression pointera son nez (d'ailleurs les Noirs ne font pas de dépression, c'est bien connu... *ironie*).

La première fois que ma mère s'est permise de craquer devant moi, j'ai été tellement triste de réaliser à quel point elle était fatiguée d'être Forte. Mais en même temps, quelque part, j'ai été soulagée de savoir qu'elle était juste humaine.

Moi-même avec ma maladie, l'endométriose, j'ai été victime de ce mythe de la Femme Noire Forte. Au début quand je parlais de mes douleurs de cycle à mon entourage, j'entendais souvent "ah yako (désolée) ! Mais c'est ça être une femme! Il faut être Forte".
Supporter la douleur et la fatigue mentales en silence ou réussir à se convaincre qu'on est une chochotte ou qu'on a vraiment un problème parce qu'on n'est pas acceptée dans la caste très fermée des femmes invincibles.

Et puis j'ai rejeté ces accusations parfois sourdes mais toujours oppressantes.
J'avoue ma faiblesse, je pleure quand l'envie me monte aux yeux, je demande de l'aide même si ça me coûte parfois. Parce que oui, même SuperWoman a le droit de pleurer...

Besos!


Vous avez aimé ce post? Abonnez-vous à la Newsletter

1 commentaire :

  1. Hello, je prends toujours plaisir à te lire. J'aime ta façon d'écrire et de penser. La société a tellement de préjugés envers tout que si on veut s'y conformer, on devient "fou". Avec l'âge, je me détache de plus en plus de tout cela et m'efforce de vivre selon mes vérités et non celles "soit-disant" de notre société.
    Bisous

    RépondreSupprimer