5 oct. 2012

Les Noirs-Whites

Une rose blanche est-elle vraiment une rose?

J'ai vécu au Gabon pendant les 17 premières années de ma vie et avant ça je n'avais jamais voyagé hors de mon pays. J'étais "normale" sans plus de chichis que le commun des filles de mon âge et de mon entourage.

En arrivant en France, à Montpellier,  je n'ai pas vécu exclusivement dans une sorte de communauté Gabonaise comme c'est souvent le cas pour les étudiants Gabonais à l'étranger. J'ai eu des amis Africains, Européens, Américains... Bref, je n'ai pas vécu en autarcie. Ma manière de concevoir les gens, les choses et la vie en général a été influencée par ce bain de cultures diverses et cela a contribué, je l'espère, à mon ouverture d'esprit.
Je me suis donc souvent vue étiqueter de "White", de "Bounty" par des personnes (et disons-le, des compatriotes) ayant une vision assez étriquée de la vie. 

Au début j'en riais, puis le rire a fait place à l'agacement sous l'assaut répété de ces attributs pour le moins injustifiés sinon complètement bêtes (je n'ai pas d'autre mot). Puis, l'indifférence a succédé à l'agacement... 

Je pense avoir eu la chance de sortir de mon petit pays pour voir ce qui se passe ailleurs dans le but simple, et je dirais même simpliste, de tirer avantage du choc culturel. D'une part, prendre le bon et laisser le "moins bon" de la culture de pays d'accueil. D'autre part, affirmer sa propre culture sans en nier les tares. 
Je ne pense pas avoir à rougir (eheh je suis Noire) en face d'un compatriote si l'envie de me poser dans un parc avec mon roman m'effleure l'esprit. Oui, pour des choses aussi simples et banales, on arrive à me dire que je suis "trop comme une White hein!". Lire dans un parc serait donc l'apanage des Blancs? Bon...
Maintenant, je n'argumente plus, tu veux me prendre pour une White? Ok je suis une White et fais ce que tu veux de cette information. 

Pour certains, l'émergence devrait commencer dans les mentalités...

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4 commentaires :

  1. Quel beau message!

    Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire! et de me reconnaître partiellement dans ce que tu décris. Pour ma part, je suis une femme noire née en France. Mes goûts prononcés pour les livres, le théâtre, les musées me faisaient passer pour une extra-terrestre au sein de ma famille. Mais on s'y fait. On s'en accomode moins quand c'est l'extérieur qui nous renvoie ceci.
    Et c'est bien pire quand on fait un tour au pays d'origine des parents quand tout le monde vous regarde comme si vous étiez un hybride, un non-sens: parler comme un blanc (français, anglais ou allemand) mais avoir une face caramelle...ce n'est juste pas possible.
    Ca m'a bcp blessée là-bas...Aujourd'hui, j'essaie de me dire que je suis juste ce que je suis, ni plus, ni moins!

    Tu as raison de suivre ton instinct!

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    1. En effet c'est assez complexe quand on vit en fonction du regard des gens sur nos "lubies" atypiques. On finit par s'auto-censurer, et moi je dis non!

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  2. "Lire dans un parc". LOL!
    Le problème n'est pas le parc, c'est lire tout court. Un ami qui venait d'arriver du bled, dans le métro, me dit "mais ?? pourquoi les gens aiment lire beaucoup comme ça ici? " Vu que chacun était plongé dans son bouquin, son journal...
    Beh au bled, tu vois pas les gens lire comme ça a tout coin de rue ou ds le bus/ taxi, au bar, du coup c'est un truc de "white"

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  3. j'm beaucoup ta plume, cet article, l'inconnu du métro, célibataire.
    Pose toi la question en sens inverse, quand t'étais au gabon, et ke certains revenaient comment les voyais tu?
    G pensé comme ton entourage, mais maintenant je vis en france et je me rends compte ke si tu ne changes pas t mots, t habitudes, tu fais tache. Je m'adapte sans perdre ma personnalité. Essaies de leur expliquer. Ici on fait facilement la bise chez moi non. Mais si je ne le fais pas o boulot les gens comprennent pas.

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