3 janv. 2012

Thérapie: Bien aborder 2012.

Je vais vous conter l'histoire d'une jeune femme au quotidien très spécial. Vous avez sûrement dû lire quelques unes de ses mésaventures ICI, mais je préfère vous en dire un peu plus sur le personnage au travers d'une journée que certains qualifierait de "journée comme les autres": aucun cataclysme du côté de Boulogne Billancourt, les veuves héritières se pavanent avec leurs manteaux de fourrure, le nez retroussé devant la misère du monde, la Chine continue son ascension vers le Saint Graal, les jeunes gens insouciants se tiennent la main au bord de la Seine en montrant un doigt d'honneur au futur économique incertain, Youssou Ndour se présente comme candidat à la Présidence du Sénégal... Bref, une journée comme les autres.


Mlle Afro Mango se lève aux aurores ce Mardi 03 Janvier 2012 pour se préparer à la journée de travail qui l'attend. En chemin, elle retire 40€ pour recharger son Pass Cantine Sodexo, elle arrive sur son lieu de travail en compagnie d'une collègue. Elles gémissent ensemble un moment de la difficulté massacrante de trouver un logement en IDF blablabla et puis se mettent au travail: elles ne sont pas payées à faire les pleureuses.

La matinée passe, elle guette en vain le mail de son assistante sociale supposée valider son dossier de réservation d'un appartement défraîchi dans une banlieue "sensible" (je cite "Enquêtes Exclusives période pré-électorale). Oui, parce qu'elle n'a pas le choix! Elle est immigrée, elle a pu décrocher un CDI dans une "bonne boîte" mais ne peut pas se payer un logement décent dans une banlieue moins "sensible". En prime, elle se dit qu'elle ne va vraiment pas filer une grande cotonnade en France vu la teneur des propos de M. Guéant. Elle ne voit pas sa matinée passer tant elle est aux fours aux moulins avec ses campagnes publicitaires à gérer malgré les bâtons qu'on lui enfonce dans les roues.

Midi. L'heure du salut. Elle va à la cantine, fait passer son badge, se réjouit même du fait que la caissière ait oublié de lui compter sa salade d'agrumes. Elle mange, papote vaguement avec ses collègues, se lève et dépose son plateau à l'endroit indiqué.
Puis l'après-midi, le travail, la fontaine d'eau, quelques passages furtifs sur Twitter et Facebook (furtifs svp!) et puis sans crier gare, la nuit tombe et il est l'heure de rentrer chez soi. Elle arrive devant les portes automatiques façon RATP de son entreprise (enfin, l'entreprise où elle fait la carpette pour gagner son pain du mois), cherche son Pass dans les poches de son trench (non Mlle Afro Mango n'a pas froid), dans son mini sac en toile Lancel marron... RIEN! Elle ne peut pas sortir de la boîte. Son Entreprise est en train de la kidnapper, ma foi! Elle remonte à son bureau, cherche, cherche, cherche comme un sanglier à la recherche de truffes... RIEN. Elle redescend, fait les yeux doux au vigile qui accepte d'être magnanime pour cette fois. 

Elle est anxieuse! Elle a oublié son Pass sur son plateau à la cantine. Elle a quand même rechargé son Pass et celui-ci traîne dans la nature... Aux âmes malveillantes! Elle a des remords pour avoir jubilé devant l'erreur de la caissière à midi. Effet boomerang dans la tête, Vlan! Dans le même étui, il y avait aussi son Pass Navigo: on fait bien les choses ou on ne les fait pas!

Il est 19h, tout le monde est parti de la boîte plus vite que des rats sautant pour quitter le Titanic en naufrage. Il n'y a plus rien à faire, elle doit se résoudre à rentrer. Elle sort accueillie chaudement par une pluie battante et un vent violent. Le conducteur de la navette d'entreprise qui doit la conduire à la station La Défense refuse de l'attendre. Elle coure pour rattraper le bus RATP, tombe dans une flaque d'eau, se met à pleurer, essuie ses larmes, se relève et marche de Puteaux à la Défense. Mouillée comme une perdrix surprise par la saison des pluies en forêt équatoriale. Elle prend le bus qui va la conduire dans sa rue et fraude sans vergogne. 

21h. Elle arrive chez elle, se cogne le petit orteil dans la poussette qu'une mère cruelle a laissé dans l'entrée de l'immeuble. Elle rentre chez elle et voit la fenêtre qu'elle a oublié de fermer en partant ce matin. Le tapis complètement mouillé.


Elle en a ras-le-bol mais elle sait que ce n'est qu'une journée comme les autres et il lui reste encore un peu de joie pour vous souhaiter ses Meilleurs Voeux pour l'année 2012! Fin du monde des Mayas ou pas, et malgré les apparences, elle compte bien aborder cette nouvelle année!

C'était la journée de Mlle Afro Mango.

*Afro Mango*


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5 commentaires :

  1. You're something else
    i do love reading you, i should be sad for you but i can't help laughing out loud
    Be thou blessed
    Happy blesse new year lil'witch

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  2. C'est avec cet article que je découvre afromango et en quelques mots j'adore et j'adhère ! J'ai sourit en repensant à ces journées où je me suis dit que j'aurais bien fait de rester couchée... mais heureusement ces journées sont rares !
    Très bonne année et ravie d'avoir découvert afromango !

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  3. Bienvenue sur le blog et sers-toi en bananes plantains frites sur la table!!

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  4. Ooohhh ma belle !!!!! Quel récit !! On rit, on a envie de pleurer à certains passages. On vit avec toi ta journée !! Quoi qu'il en soit, on te souhaite une belle année 2012 !!!

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